Le Messager de Dieu avait une mule qui était tellement âgée qu’elle avait des difficultés à broyer le grain avec ses dents. Le Messager de Dieu prenait alors soin de moudre son grain et de l’aider à le manger. Nos animaux domestiques sont dépendants de nous et n’ont plus la capacité de retourner dans la nature sauvage. Nous avons donc la responsabilité de combler leur besoin et cet exemple de la vie du Messager de Dieu l’illustre bien.
On rapporte également que lors d’un voyage, le Messager de Dieu s’absenta un moment. Une des présents qui rapporte ce récit dit : « Nous avons vu un rouge gorge qui avait avec lui ses deux petits. Nous avons pris ses deux petits et le rouge gorge commença à voler très près au-dessus de nous ». Le Messager de Dieu est venu et a dit : « Qui a accablé cet oiseau en prenant ses petits ? Rendez-lui ses petits »1
A l’instant où le Messager de Dieu a entendu cet oiseau se plaindre, il a réagi pour rétablir la situation. Il nous montre à travers cette réaction que nous ne devons pas perturber les animaux sauvages, soit directement en leur portant atteinte, soit indirectement en modifiant leur milieu. Il en est de même pour les végétaux, mais également pour les éléments non-vivants. Et c’est pour cela que le Messager de Dieu a encouragé les croyants à supprimer toute forme de pollution. Il dit que : «Celui qui retire du chemin ce qui peut nuire aux passants, c’est pour lui une aumône »2
Un autre récit rapporte que « le Messager de Dieu entra dans le jardin d’un médinois et il y avait dedans un chameau. Lorsqu’il a vu le Messager de Dieu (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) il s’est attristé et a pleuré. Le Messager de Dieu (que la prière d’Allah et Son salut soient sur lui) est descendu de sa monture, a frotté les larmes du chameau et l’a calmé puis a dit : « Qui est le propriétaire de ce chameau ? » Un jeune médinois est venu et a dit : Moi ! Alors le Messager de Dieu a dit : « Ne vas-tu pas craindre Allah dans ces animaux qu’il a mis en ta possession ? Certes il s’est plaint de toi vers moi et prétend que tu l’affames et que tu lui fais porter des charges trop lourdes »3
Cette attitude bienveillante se retrouve aussi envers les végétaux :
On rapporte que « lorsque le Messager de Dieu faisait des sermons dans la mosquée, il montait sur la souche un tronc de palmier. Lorsque le minbar a été fabriqué et que le Messager de Dieu était dessus les présents ont entendu le tronc d’arbre faire un bruit comme le bruit d’une chamelle qui met bas jusqu’à ce que le Messager de Dieu vienne et mette sa main sur lui alors il se calma. » Ce tronc d’arbre éprouvait une grande tristesse du fait que le Messager de Dieu ne vienne plus sur lui pour faire ses sermons, ce qui provoqua des marques d’émotions que Dieu permit aux gens d’entendre. La réaction du Messager de Dieu fut là aussi immédiate comme précédemment. Il descendit de sa chaire, se dirigea vers cette créature qui se plaignait et l’apaisa. »4
Le Messager de Dieu était même sensible aux réactions du monde minéral :
Dans le même esprit, on rapporte que : « Un jour, le Messager de Dieu grimpa sur le mont Uhud avec Abou Bakr, ‘Omar et Uthman. Le mont trembla. Le Messager de Dieu dit alors : « Calme-toi, Uhud ! Il n’y a sur toi qu’un Messager de Dieu, un fidèle compagnon et deux martyrs »5
Tous ces textes nous permettent de dégager une attitude générale du Messager de Dieu face à une nature qui souffre
- Le premier élément qui apparait dans ces textes est que le Messager de Dieu est sensible à la nature et comprend sa souffrance ou sa plainte, que ce soit un animal domestique, ou sauvage, ou un végétal, ou un minéral. Il a donc un lien très particulier avec la nature, une connexion forte qui lui permet cette attention.
- Après la reconnaissance de cette souffrance, le Messager de Dieu va chercher à apaiser ou à consoler cette souffrance ; il essuie la larme du chameau, vient au chevet du tronc d’arbre, ou tente d’apaiser la montagne par une parole réconfortante.
- Mais cela ne s’arrête pas là. Le Messager va chercher une solution. Il va demander à ces compagnons de réparer leur erreur en remettant les petits à leur mère, rechercher le propriétaire du chameau pour le sermonner, proposer une compensation au tronc du palmier pour avoir perdu cet honneur de porter le Messager de Dieu, et apporter à la montagne des paroles pour la rassurer.
Et cela nous montre une voie en tant qu’humain vivant aujourd’hui sur cette terre. La Nature crie chaque jour un peu plus fort de la maltraitance qu’elle subit. Avons-nous des oreilles attentives et des cœurs éveillés pour entendre et comprendre ? Et que pouvons-nous faire pour apaiser cette nature, puis trouver des solutions à court, moyen et long terme pour remédier de manière définitive à cela ?
1 Abou Daoud dans ses Sounan n°2675 et authentifié par Cheikh Albani
2 Muslim
3 Rapporté par Ahmed et authentifié par Cheikh Ahmed Chakir dans le Mousnad de l’imam Ahmed vol 3 p 195
4 Rapporté par Boukhari dans son Sahih n°3585


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